Publié le Mercredi 27 Février 2008
La deuxième soirée de consultation publique sur le projet de transformation de Griffintown a permis d'entendre les résidants du quartier qui ont exprimé plusieurs inquiétudes.
Parmi les quelque 200 personnes qui s'étaient déplacées hier soir, le citoyen Ron Diamond, qui loge dans un loft d'un édifice de Griffintown qui sera détruit rue Wellington, a demandé s'il était avec d'autres propriétaires «les premières victimes d'une nouvelle liaison entre la puissance de la Ville et une corporation privée».
Le président de Devimco et promoteur du projet, Serge Goulet, lui a conseillé de s'adresser à son propriétaire et lui a dit qu'il l'assurait de «l'installer encore mieux» qu'il ne l'est actuellement.
A l'étudiant en urbanisme Eric Faucher qui demandait si des principes de développement durable seraient retenus dans le cadre de ce projet, Luc Gagnon, chef de la division Planification urbaine à la Ville de Montréal, lui a dit que l'entente de développement qui sera signée avec Devimco comprendra «des critères environnementaux, des obligations de récupération de matériaux ou d'efficacité énergétique ou encore d'intégration des bâtiments patrimoniaux».
«On veut faire un rappel au passé mais aussi un passage au futur. Ce sera le message envoyé à l'architecte et au designer qui seront embauchés pour ce projet», a dit M. Goulet.
Mais pour l'instant, le promoteur n'a pas précisé si la qualité des matériaux sera généralisée, par exemple en ce qui a trait aux portes et fenêtres, si l'on aura uniformément des matériaux de qualité.
Toutefois, M. Goulet a dit à La Presse qu'avec ce projet, il va engager la crédibilité de Devimco et qu'il a donc tout intérêt à ce que la construction soit de qualité du début à la fin du projet.
Par ailleurs, la citoyenne Nathalie Clément a regretté que le projet ne prévoit pas de jardin communautaire ni de patinoire dotée d'un système de réfrigération. Mme Clément a aussi proposé que soit créée une sorte de «Paris Plage» le long du canal de Lachine pour permettre aux Montréalais et aux touristes d'aller s'y reposer durant l'été, comme les Parisiens le font au bord de la Seine depuis quelques années.
M. Goulet s'est dit ouvert à cette idée mais les abords du canal sont de la responsabilité de Parcs Canada, a précisé M. Gagnon.
Le citoyen François Dandurant a, quant à lui, questionné la viabilité du projet, compte tenu notamment de la possibilité d'une prochaine récession économique.
M. Goulet a écarté cette perspective pessimiste en affirmant que Devimco avait de «bons partenaires financiers, reconnus» et que le projet sera étalé sur 10 ans.
Il a ajouté durant la soirée que Devimco veut offrir un «milieu de vie» le plus rapidement possible et c'est la raison pour laquelle les trois phases de développement (printemps 2009, automne 2009, printemps 2010) ont été le plus rapprochées les unes des autres.
«C'est pourquoi on veut acheter les terrains globalement, dans un seul lot, on n'a pas le choix comme développeur d'agir ainsi», a dit M. Goulet.
M. Goulet a dit à une citoyenne que les vieilles écuries irlandaises, situées rue Ottawa, seront conservées et restaurées.
A un citoyen qui s'inquiétait du devenir des locataires qui seront expulsés, tant la Ville que le promoteur ont répondu que ces personnes sont ou seront aidées dans le cadre d'un plan de relogement La citoyenne Hélène Dansereau a également critiqué le fait que sur les 6 300 places de stationnement prévues dans le projet, 4 000 seront affectées aux espaces commerciaux, même s'ils représentent 18% de la superficie du projet.
M. Gagnon a répondu que d'ordinaire, de 4 à 5 places de stationnement par 1 000 pi2 sont prévues dans les zones commerciales et que cette moyenne a été ramenée à 3,3 cases pour 1 000 pi2 dans le cas de Griffintown.
M. Goulet a dit que Devimco essaie de baisser ce nombre de 4 000 et qu'il aimerait bien que le tramway s'en vienne. «Mais il y a aussi des autobus», a rétorqué Mme Dansereau, semblant dire qu'on pourrait augmenter le service de transport en commun afin de dissuader l'utilisation de l'automobile.
Enfin, le citoyen Christopher Gobeil a regretté que ni l'arrondissement de Sud-Ouest ni la ville centre n'ait divulgué les recommandations du Comité consultatif d'urbanisme de l'arrondissement sur ce projet et a trouvé également regrettable qu'aucune consultation publique ne soit prévue une fois que le promoteur aura choisi une architecture et un design pour ce projet.
Source : http://www.cyberpresse.ca