Publié le Mercredi 27 Février 2008
Le gouvernement conservateur place son argent là où il croit que cela lui rapportera le plus de votes dans son dernier budget, qui n'a pas grand-chose à offrir aux plus de trois millions de Canadiens vivant dans la pauvreté.
Prêchant la prudence après les largesses fiscales annoncées antérieurement, et qui draîneront, en cinq ans, 60 milliards $ des coffres fédéraux, le gouvernement réduit à la portion congrue les nouveaux fonds réservés aux plus démunis, affirment des critiques.
«Ce budget (...) ne fait rien pour les services de garde, le logement, la pauvreté», déplore Armine Yalnizyan, économiste principal pour le Centre canadien de politiques alternatives. «C'est vrai qu'on ne s'attend pas à ce que les conservateurs se préoccupent de pauvreté, mais est-ce qu'on exerce un leadership responsable quand on récompense des gens qui ont déjà beaucoup, et qu'on ne fait rien pour ceux qui se débattent pour surnager même en période de prospérité économique?», demande-t-il.
Les fonds supplémentaires alloués aux autochtones, les plus pauvres d'entre les pauvres, équivalent à 135 millions $ cette année et l'an prochain - et sont principalement dévolus à la purification d'eau impropre à la consommation et à l'amélioration des services de santé et d'éducation dans les réserves.
Pour le reste du pays, les investissements sociaux incluent 110 millions $ pour de nouveaux projets en santé mentale, 282 millions $ en deux ans à l'intention des anciens combattants, 90 millions $ destinés aux chômeurs plus âgés vivant dans les régions économiquement défavorisées, et 60 millions $ pour les personnes âgées à faible revenu.
Les plus grands gagnants des mesures sociales sont peut-être les étudiants, avec le nouveau programme consolidé de subventions, au coût de 350 millions $.
Ce programme n'entrera cependant en vigueur qu'une fois que les bourses d'étude du millénaire auront été éliminées, progressivement, l'an prochain.
Une marge de manoeuvre fiscale nettement moins grande vient s'ajouter à l'incertitude économique, au moment où le Canada se prépare aux retombées potentielles des difficultés américaines.
«Nous sommes à la croisée des chemins», a affirmé le ministre des Finances Jim Flaherty dans son discours aux Communes. Certains auraient prôné des dépenses accrues, des paiements d'intérêt plus élevés et des baisses d'impôts, mais ce serait malavisé, a-t-il dit, ajoutant que le gouvernement avait choisi une approche «faite de décisions prudentes, rigoureuses et ciblées».
Source : http://www.cyberpresse.ca