Publié le Mercredi 27 Février 2008
Le troisième budget du gouvernement conservateur ne sera pas l'élément déclencheur d'une élection générale.
Le chef de l'opposition officielle, le libéral Stéphane Dion, qui tenait la survie du gouvernement entre ses mains, a en effet décidé que le budget ne contenait pas de mesures motivant la tenue d'une élection.
Lors d'une brève déclaration, il a critiqué la gestion «imprudente» du ministre des Finances, qui a réduit au minimum la marge de manoeuvre financière du pays. M. Dion a qualifié le plan présenté mardi d'«extrêmement modeste». A ses yeux, il s'agit d'un «budget touche à tout, qui accomplit très peu».
Le leader libéral a cependant indiqué que les lacunes ne justifiaient pas pour autant de précipiter le pays en campagne électorale.
«Dans les circonstances, je ne vois pas assez dans ce budget, qui justifierait que l'on précipite les Canadiens dans une élection qu'ils ne souhaitent pas pour le moment», a-t-il expliqué.
«Quant à la procédure que nous suivrons en chambre, j'en discuterai davantage avec mes collègues du caucus», a-t-il ajouté. A l'instar des autres partis, les libéraux doivent se réunir mercredi matin à Ottawa pour leur séance hebdomadaire de discussion.
Le critique en matière de Finances, John McCallum, a souligné que plusieurs mesures du budget, dont la décision de rendre permanent le transfert de la taxe sur l'essence, étaient semblables aux propositions libérales.
A son avis, les conservateurs ont fait «un pas dans la bonne direction, mais pas de manière très efficace ou très compétente». L'état des finances publiques ne permettrait pas de grandes dépenses, a-t-il cependant fait valoir.
Comme son chef, il estime que les lacunes du budget ne sont pas suffisantes pour justifier une élection. «Le risque de déficit, c'est d'ici deux ans. On a le temps de décider quoi faire. Il n'est pas nécessaire, parce qu'il y a un risque de déficit d'ici deux ans, d'avoir une élection demain», a-t-il souligné.
C'est la deuxième fois en quelques mois que les libéraux prennent la décision de ne pas renverser le gouvernement sur une question de confiance.
Comme prévu, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont fait valoir pour leur part que le budget était insuffisant à bien des égards et que, par conséquent, ils s'y opposeraient.
Le chef souverainiste Gilles Duceppe a surtout dénoncé l'absence de mesures d'aide au secteur manufacturier, qui traverse une période très difficile. «Nous ne pouvons pas appuyer ce budget. Il n'y a pas de gains significatifs pour le Québec dans ce budget», a-t-il martelé.
M. Duceppe a aussi souligné que les conservateurs avaient ménagé très peu de place dans leur plan budgétaire à l'environnement, à la culture, aux femmes et aux personnes âgées.
Quant au leader néo-démocrate, Jack Layton, il accuse les conservateurs d'avoir laissé tomber les familles. «Les chiffres indiquent clairement que les réductions pour les grandes entreprises rentables, les grands pollueurs, les grandes banques sont six fois plus grandes que les investissements tout petits pour les gens», a-t-il déclaré.
Le premier vote sur le budget se tiendra jeudi. D'autres votes doivent normalement avoir lieu les 3 et 4 mars. Si contre toute attente le gouvernement était défait, des élections auraient vraisemblablement lieu le 14 avril.
Source : http://www.cyberpresse.ca