Pendant longtemps, la seule culture libérée de tout impérialisme européen dont disposait le Québec était une culture populaire et orale. Dans l'histoire de la culture québécoise, les médias de masse (radio, cinéma, télévision) ont donc eu une tâche importante : celle de forger une culture collective unitaire autonome.
Dans cette perspective, le cinéma Québecois tient une place très particulière : lieu à la fois de réussite artistique et d'échec relatif de communication avec sa collectivité. Car si le cinéma direct a été sans conteste l'espace artistique qui a su le premier et le plus fidèlement représenter la réalité populaire, ce n'est qu'au théâtre que la société québécoise aura le courage de se regarder dans le miroir que lui tend l'oeuvre de Michel Tremblay.
Le cinéma Québecois reste néanmoins un formidable révélateur de l'évolution de la société québécoise, de son oralité, de son développement et de l'émancipation de son élite à travers l'appareil de l'état, de ses capacités d'innovation, et plus récemment, de son désir d'intégration à l'ensemble nord-américain.
