Deux événements importants dans l'histoire du cinéma québécois interviennent pendant cette période. D'une part le développement de l'Office national du film du Canada qui fournit sans distinction matériel de propagande et information.
Le Canada se dote d'une expertise technique solide, en phase avec la production internationale de News reel à la fois documentaire et propagandiste.
D'autre part, en marge de son industrialisation de guerre, on voit apparaître une industrie québécoise de production qui cherche à combler le vide créé par la disparition des films français. L'Église catholique québécoise (qui détient un pouvoir décisif en matière d'éducation et de censure au cinéma) s'intéresse au projet.
Avec cette alliée puissante, une société active et florissante rêve à la création d'une industrie privée du long-métrage "canadienne française". Ce sont les débuts du cinéma de fiction canadien, qui connaît quelques succès commerciaux, par exemple «La Petite Aurore, l'enfant martyre» ou «Ti-Coq».
Mais trois facteurs fragilisent cette industrie privée et mèneront rapidement à sa perte :
1. D'abord le marché du film québécois ne touche qu'un public de 3 millions d'habitants, ce qui rend très précaire toute rentabilité (l'étude d'époque, toujours pertinente, de la RBC en convient).
2. Ensuite la plupart des salles sont contrôlées par Hollywood qui limite la sortie des films québécois.
3. Enfin la télévision est sur le point de prendre son essor, causant la fuite d'une partie du public de cinéma qui diminue de 50% au Québec entre 1940 et 1985, et ce malgré une population qui double.
