Les années 80 s'ouvrent sur l'échec du référendum québécois de 1980, échec qui, étant donné la nature engagée des cinéastes québécois d'alors, sera un dur coup au cinéma. Le Confort et l'indifférence est emblématique de ce choc.
En même temps, partout dans le monde, l'interventionnisme d'État devient suspect : ce sera l'époque de Reagan et Thatcher. L'échec du rêve collectif marquera le début d'un cinéma centré sur l'individu, et l'éloge officiel du tout privé dans les médias.
Au profit d'une chute du dollar canadien, et de la mise en place d'un système de crédit d'impôt par Québec au profit des entreprises qui y tournent, on voit une forte montée des productions hollywoodiennes au Québec. L'impact sur les artisans est tel qu'on oublie dans une bonne mesure les acquis du cinéma direct.
Cela au point où l'on s'extasie quelques années plus tard devant le radicalisme du Dogme Danois, cela sans voir sa profonde filiation au documentaire et au direct. Le cinéma québécois prend le chemin, parfois tortueux, de sa transformation vers sa forme actuelle, vers une copie des modèles de production et de diffusion hollywoodiens, où le cinéma de genre est garant de diversité.
Il y a bien quelques exceptions, à l'ONF comme au privé. Mais les œuvres des cinéastes paraissent éparpillées dans ce contexte peu propice à la création.
