Si la société québécoise correspond a la définition que l'on fait habituellement d'une nation (histoire, territoire, langue, sentiment national, institutions distinctes, etc.), cette société entretient une relation problématique à sa culture.
Ce rapport peut s'expliquer succinctement en commençant par le Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique qui propose carrément l'assimilation altruiste, par les anglais, des populations francophones du Canada. Et ce, sur l'évidente constation par son auteur que celles-ci sont incultes. Ce sera un choc pour la population comme son élite.
Le Québec possède pourtant à l'époque une riche culture populaire, orale, chantée, contée, en plus d'une architecture, de traditions vestimentaires et autres, adaptés à son territoire. En fait ce qu'il manque au Québec selon les standards européens de l'époque, c'est une Grande Culture : littérature, musique classique, peinture, etc. Le désir d'imiter ce qui se fait dans les métropoles (Paris, Londres) durera tout le XIXe siècle, et donnera des œuvres sans grand impact identitaire.
Ce n'est qu'avec le développement des médias de masse, amené par l'industrialisation massive de Montréal au début du XXe siècle, puis du Québec entier avec la Seconde Guerre mondiale, que la radio québécoise, le cinéma et la télévision contribueront ensembles au développement d'une culture collective unitaire, les Québécois trouvant enfin une image d'eux-même quelque peu cohérente. Ce travail se poursuivra ensuite pendant la révolution tranquille, une révolution des idées d'origine fondamentalement culturelle.