La langue française s'établit en sol américain avec la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1608. Bien que Jacques Cartier ait exploré toute la vallée du Saint-Laurent en 1535, toutes les tentatives de colonisations précédant la construction de l'Habitation de Québec n'ont pas permis l'implantation permanente d'une population française.
Il faudra en réalité attendre la formation du Conseil Souverain de 1663 pour que les colonies de la Nouvelle-France se développent réellement en colonies de population.
Entre 1627 et 1663, quelques milliers de colons français débarquèrent en Nouvelle-France, soit à Québec, au Canada, ou bien à Port-Royal, en Acadie. Les provinces françaises les mieux représentées lors de ces migrations sont les celles du nord-ouest, soit la Normandie, l'Aunis, la Perche, la Bretagne, Paris et l'Île-de-France, le Poitou, le Maine, la Saintonge et l'Anjou.
Les premiers colons étaient donc majoritairement des non-francophones (patoisants) sauf pour les immigrants de la région de Paris, qui devaient vraisemblablement moduler un parler populaire.
Parmi les locuteurs normands, picards, aunisiens, poitevins et bretons, plusieurs comprenaient la langue du Roy comme deuxième langue. Graduellement, un transfert linguistique s'est opéré en faveur du français, menant à l'unification linguistique de toutes les ethnies venues de France. Selon plusieurs sources, les Canadiens parlaient déjà tous le français vers la fin du XVII° siècle.
Selon Philippe Barbaud, l'arrivée des « filles du Roy » au Canada n'est pas étrangère au fait de l'unification linguistique. En effet, nous savons que celles-ci étaient des orphelines éduquées aux frais de l'État dans des couvents et des Maisons d'éducation de Paris, Dieppe, Honfleur et de La Rochelle. Bien qu'originaires de milieux modestes, ces jeunes filles avaient donc reçu une excellente éducation.
Elles deviendront par la suite les mères de toute une génération de Canadiens à un moment important dans l'évolution démographique du pays. D'environ 2500 habitants en 1663, la population passe à 20 000 en 1713 et à 55 000 en 1755, 5 ans avant la Conquête britannique. À cela, il faut ajouter environ 10 000 habitants en Acadie, et 4 000 en Louisiane. Le français parlé dans ces deux autres régions de la Nouvelle-France évoluera différemment. Voir Histoire du français acadien.
En France, au XVI° siècle, on entendait Piarre au lieu de Pierre, la tab au lieu de la table, al pour elle, a m'verrâ pus pour elle ne me verra plus, quéqu'un pour quelqu'un, quéque chose pour quelque chose, etc. Ces contractions orales ne sont pas spécifiques au québecois. Même des aristocrates de métropole disaient encore à cette époque, une loué, pour une loi, moué, pour moi et roué pour roi.