Le 13 septembre 1759, Québec, capitale politique de la Nouvelle-France, donc du Canada, est prise par l'armée britannique. Les conséquences de cet événement transformeront la situation linguistique du Canada de façon drastique.
Selon les termes du traité de capitulation de Montréal de 1760, l'armée française quitte le territoire conquis. L'élite dirigeante, composée de membres de l'aristocratie française et de hauts commerçants français fait de même. Ne reste que le peuple, le clergé catholique, la petite bourgeoisie et les gens de l'administration civile, pour l'immense majorité nés au Canada.
Les gens qui restent au pays deviennent sujets britanniques. Peu de temps après la conquête, le général britannique Jeffrey Amherst met sur pied un gouvernement militaire provisoire qui perdure jusqu'en 1763.
En 1763, la France cède le Canada à la Grande-Bretagne par le traité de Paris. Très rapidement, la nouvelle élite monarchiste décide du sort des colons francophones : ils seront assimilés, c'est-à-dire qu'ils seront amenés à se fondre dans la société anglophone et protestante du royaume britannique. Le 7 octobre, la Proclamation royale britannique vient définir les nouvelles conditions politiques du Canada.
Le territoire de la colonie, renommé la « Province of Quebec » est réduit à la zone habitée le long du fleuve St-Laurent. James Murray est nommé gouverneur et devient responsable d'implanter la politique britannique concernant la colonie. Il doit favoriser l'immigration britannique, implanter la religion officielle - l'anglicanisme - et les structures administratives et judiciaires britanniques.
Le transfert de pouvoir amène l'administration britannique et l'implantation graduelle de colons britanniques anglophones. En remplacement des nobles et des grands bourgeois français, débarquent des nobles et des grands bourgeois anglais et écossais en provenance des Îles britanniques et des colonies britanniques du sud.
Le commerce passe rapidement aux Britanniques qui s'installent à Québec. À cause du « serment du test », tous les catholiques sont légalement exclus des fonctions publiques. Il ne reste plus aux Canadiens qu'à cultiver leurs terres pour subsister.
La langue française, qui jusqu'alors jouissait du statut de lingua franca dans tous les échelons de la société, se vit reléguée au deuxième rang dans la pratique du commerce et dans les communications d'état. Par nécessité, la classe éduquée se mit à apprendre la langue anglaise et devint graduellement bilingue.
L'Acte de Québec de 1774 répondit à plusieurs des demandes des Canadiens, qui jusque-là, s'étaient activés à pétitionner la couronne britannique afin d'obtenir la restauration des lois civiles française et des garanties à l'utilisation de leur langue et de leur foi catholique.