L'homme aurait développé une manie étonnante qui consiste à comprimer constamment les sons et les syllabes et à escamoter les consonnes difficiles à prononcer, entre autre.
Au Québec, on constate un renforcement des consonnes t et d devant les voyelles w et i (elles se prononcent alors ts et dz). Par exemple: tu es parti devient té partsï, tu sais devient tsé. Du chocolat divin devient dzu chocolat dzivin. Cette particularité, est très marquée et tout à fait généralisée (sauf pour la Gaspésie).On dit aussi ste pour ce : ste gars-là...

Réduction du pronom « il » en «y »:
Il ne peut pas venir devient Y peut pas v'nir; il est malade devient y'é malade;il n'a pas le temps devient y'a pas l'temps.

Réduction de « elle » en «a» :
Elle a perdu sa montre devient a perdu sa montre.
Elle a devient un aa allongé: aa pas l'temps; aa mal au dos.

Les raccourcis de la langue:
chu pour (je suis) chu fatigué; chu tanné, chu en retard
rien qu' pour (rien que)
asteurpour (à cette heure )
pantoute pour (pas du tout)
motte pour motte te dire quec ' chose (je vais te dire quelque chose)
mainqu' pour (mais que je revienne)
ga m'man pour (regarde maman)
ach'fé pour (achever)
pis pour (et puis)
j'veux pour (je veux)
ch'fal pour (cheval)
ch'feu pour (cheveu)
ch'fillepour (cheville)
l'balai pour (le balai)
t'a l'heure pour (tout à l'heure)
passe que pour (parce que)

Le « t » persiste dans les expressions:
Y fait frette (froid), mon litte (lit), viens icitte (ici), pomme pourritte (pourrie), signe ton tchèque (chèque,), c'est l'boute (c'est le bout)

Le son « è » en fin de mot devient « a » :
Je l'sava (je l'savais), jama (jamais), parfa (parfait), fra (frais), mauva (mauvais) vra (vrai).

Ajout de « tu » après les questions:
T'en veux-tu? (Est-ce que tu en veux?), Y en veulent-tu ? Tu m'écoutes-tu? Je l'ai-tu?

Transformation des voyelles et des consonnes:
« a » pour « e »: varte (verte), pardu (perdu), sarvice (service), marci (merci), énarvé (énervé), maudite marde (merde), charcher (chercher), barcer (bercer), asseyer (essayer)
« é » pour « i »: bécycle (bicycle), bébitte (bibitte), médi (midi)
« é » pour « è »: mé (mais), t'sé (tu sais), sé là (c'est là)
« w » pour « v »: on va woir (on va voir), sawair (savoir)
« i » pour « é » licher (lécher)
« i » pour « ai »: balier (balayer), crion (crayon)
«j » pour « ch »: j'ajète (j'achète)
yâble pour (diable)
bon yeu pour (bon Dieu)
arêche pour (arête)

Chute d'une lettre:
Le « l » tombe dans: pus (plus), souyer (soulier), quéqu'un (quelqu'un). Le « r » tombe dans toujou ' (toujours), traite (traître), c'est leu (leur maison), aveugue (aveugle), caneçon (caleçon), su (sur).

Contraction dans:
T'sé (tu sais), p'tête (peut être), t'êt'ben (peut être bien), cou'don (écoute donc), lastic (élastique)

Inversions ou chute de lettres:
«ej» (je), y (il) a (elle), leu (leur) ouc, ousqu' , éiousqu ' (Où est-ce que?), quèque (quelques). Il est quèque part (quelque part), quéqu'un ou quèques-uns (quelqu'un), (quelques-uns); eul (le) passe-moi le crayon.

Quantité de mots en « ar »:
pardre,parmettre, sarcueil, sarpent, renfarmer, renvarser, varmine...

Le « a » fermé « aw »:
Canadaw, bawton (bâton), sofaw, repaw, avocaw
même prononciation aw avant r, s, z et y: chawr, canawrd, gawz,
phrawse, cawrré…

Le son « ouè » est très répandu:
bouète (boîte), parouèsse (paroisse), souèr (soir), nouèr (noir), deouèr (devoir), mirouèr (miroir), souèf (soif), pouèl (poil), touèle (toile), étouèle (étoile), pouèsson (poisson)

Ajout d'une voyelle ou d'une consonne:
barouette (brouette), colouer (clouer), cartron (carton)

Ajout du « s »:
esquelette, escouage, escousse, estatue, qu'ossé ça? (Qu'est-ce que c'est ça?), qu'ossa donne? (Qu'est-ce que ça donne?), ousqu'alé? (Où est-ce qu'elle est?), avisse (vis), cartron (carton)

Ajout du « z »:
Donne-moué-z-en (donne-m'en), paws toué-z'en (passe-toi de...), mèz-en (mets-en)

Le son « eu » à la fin des mots:
Du vieux français, les mots en eu ont souvent eu tendance à éliminer les consonnes r oul qui les suivent: Exemple: leur se prononce leu; tout seul, devient tout seu.

Le suffixe « âge » remonte au XVIIIe siècle comme:
couraillage (courrir sans cesse, mauvaise fréquentation), Usage (action de lire), marchage (course, démarche), partage (discours, bavardage) pilotage (action de piétiner sans arrêt), raboudinage (travail bâclé), rapaillage (ramassage), réparage (réparation), ricanage (rire espiègle), taponnage (hésitation), brâillage (pleurs)