Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s'asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (je m'assois au lieu de je m'assieds, assoyez-vous au lieu de asseyez-vous).
D'autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j'haïs » (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » (le verbe a une syllabe).
Au Québec, il est courant de dire Fais-toi-z-en pas au lieu de (ne) t'en fais pas.
Sauf dans le registre soutenu, le verbe « être » à la première personne du singulier se rend par la contraction chu (qui rappelle le chui - je + suis - utilisé dans le langage parlé du français métropolitain); suivi d'un mot commençant par une voyelle, il cause une liaison en t : Ch't'un gars patient, Ch't'arrivé.
Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : T'é t'un gars patient ou encore, personnalisé d'un toi (familièrement, toé) à la fin : Té t'un gars patient toé. Est se prononce souvent é [e:].
Toujours dans le parler familier, aller à la première personne du singulier est souvent vas au lieu de vais. De plus, je vais + verbe (futur) est souvent modifié en m'as (venant de la prononciation populaire du premier part de la locution m'en vais-je), comme dans M'as t'tuer.
Le futur simple est d'ailleurs souvent absent du parler familier, étant remplacé par le verbe aller et l'infinitif (par exemple: "Demain, je vais aller magasiner".)
Signalons au passage le fameux « M'a aller maller ma lettre » (= je vais aller poster ma lettre), dont le sens est le même que le verbe anglais to mail, tout deux venant de l'ancien français « malle(-poste) » (« sacoche portant le courrier »).
Le français québécois permet de remplacer une subordonnée conditionnelle en "si" par une construction à l'infinitif: "Avoir de l'argent, je t'en donnerais" pour "si j'avais de l'argent, je t'en donnerais."