L'art culinaire québécois est réputé dans toute l'Amérique du Nord. En effet, les Québécois vouent un véritable culte à tout ce qui entoure la nourriture, contrairement à leurs voisins canadiens-anglais, plutôt adeptes de la cuisine américaine.
La renommée internationale de certains de ses chefs, mais surtout la finesse de ses produits du terroir, font du Québec une des régions les plus variées et les plus créatives en termes de gastronomie.
Les premiers colons, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française, s'est développée au fil des siècles, intégrant poissons, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, la soupe aux pois, le rôti de porc, les cretons (on peut en faire maison, suffit d'avoir du porc), la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels.
Certains demeurent au menu de restaurants alors que d'autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l'Abitibi) et le vin de glace.
Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30% de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l'art ancien de fumer le saumon, la truite, l'esturgeon et l'anguille. Aux Îles-de-la-Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière (sorte de tarte à la viande) et une soupe aux gourganes renommées.
La région de Charlevoix produit des fromages d'excellente qualité. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d'autruche, animaux qui sont élevés sur place. La ville de Québec, comme Montréal au siècle passé, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine.
En matière de gastronomie populaire, la poutine est un mets typiquement québécois. Elle se compose de frites, de fromage en grains frais ainsi que d'une sauce chaude et onctueuse (dite « sauce brune » du fait de sa couleur brunâtre). Comme tout mets, sa présentation est variable et diverse. On peut goûter à des poutines « à l'italienne » (avec sauce à spaghettis), « barbecue » ou « toute garnie ». Elle a aussi donné lieu à des variantes comme la galvaude.
Le Québec compte également pour 80% de la production mondiale de sirop d'érable. Issues de traditions amérindiennes, les techniques érablières consistent en un premier temps à entailler l'érable à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu'à l'obtention d'un délicieux sirop sucré, idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu'une multitude de plats variés.