Lorsque la Guerre mondiale éclate en 1914, «O Canada» est le mieux connu de tous les chants patriotiques au Canada. En 1924, l'Association des «Canadian Clubs» adopte à l'unanimité une résolution recommendant la version Weir comme chant acceptable aux réunions des «Canadian Clubs».
En 1927, une version d'«O Canada» est autorisée dans certaines écoles et réunions publiques.
Le 27 juillet 1942, on demande au premier ministre William Lyon Mackenzie King s'il ne croit pas le moment favorable pour proclamer un hymne national. Il répond qu'on ne peut s'occuper de tout en même temps et qu'en temps de guerre, le Parlement a des questions plus importantes à régler et que l'on ferait peut-être bien de continuer à faire comme on a l'habitude de faire au Canada depuis quelques années, soit de considérer «O Canada» et «Dieu protège le Roi» comme hymnes nationaux.
Quelques années plus tard, le premier ministre Louis St-Laurent faisait une déclaration semblable.
En 1964 le gouvernement fédéral crée un comité spécial mixte chargé d'étudier le statut de «Dieu protège la Reine» et d'«O Canada».
Le 31 janvier 1966, le premier ministre Lester B. Pearson inscrit un avis de motion au feuilleton: «Que le gouvernement soit autorisé à prendre les mesures nécessaires pour décréter que l'«O Canada» est l'hymne national du Canada tandis que le «Dieu protège la Reine» est l'hymne royal du Canada.»
Le 15 mars 1967, un comité spécial mixte recommande à l'unanimité que le Gouvernement soit autorisé à adopter sans délai la musique composée pour «O Canada» par Calixa Lavallée comme musique de l'hymne national du Canada et que l'annotation «Dignement, mais pas trop lentement » soit inscrite sur la partition.
Le Comité estime essentiel que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour acquérir les droits d'auteur sur la musique en décrétant qu'elle devienne à perpétuité la propriété de Sa Majesté du chef du Canada. Cette mesure comporterait égalementque nul autre n'ait le droit d'auteur sur cette musique, ni sur aucun arrangement ou adaptation de la dite musique.
Le Comité recommande une autre étude des couplets. Il propose de garder la version française originale et d'utiliser la version anglaise de Weir en y apportant quelques légères modifications, c'est-à-dire le remplacement de deux vers de «Stand on Guard» par «From Far and Wide» et «God Keep Our Land». Les droits sur la version Weir ont été acquis par le gouvernement de la firme G.V.Thompson en 1970.
Un relevé des Débats de la Chambre des communes depuis 1949 nous indique qu'il y a eu 14 projets de loi présentés soit par le gouvernement soit par des simples députés:
1ère Session - 32e Législature (1980) Bill Herbert Bill MacMillan 4e Session- 31e Législature (1979) Bill Herbert (C-492) 4e Session- 31e Législature (78-79) Bill Herbert Bill Jones 3e Session- 30e Législature (77-78) Bill Herbert C-9 (gouv.) 2e Session- 30e Législature (76-77) C-10 (gouv.) 1ère Session - 30e Législature (74-76) C-11 (gouv.) 4e Session- 28e Législature (1972) C-158 (gouv.) 2e Session- 27e Législature (67-68) Bill Allard (C-134) 1ère Session - 27e Législature (66-67) Motion du premier ministre Pearson Bill Ryan (C-54) Bill Allard (C-31) 2e Session- 26e Législature (64-65) Bill Ryan (C-64) 1ère Session - 26e Législature (1963) Bill Ryan (C-55) 1ère Session - 25e Législature (62-63) Motion du député (débat) En février 1968, Le Comité spécial mixte recommande à l'unanimité que le gouvernement soit autorisé à adopter sans délai la musique composée par Lavallée, que les paroles françaises de Routhier soit adoptées sans amendement, et que les paroles de Weir soient modifiées.
Le 28 février 1972, le secrétaire d'État, Gérard Pelletier, présente pour première lecture le Bill C-158. Ce projet de loi n'a pas fait l'objet de débats avant la fin de la quatrième session du 28e Parlement.
Le 4 octobre 1974, le même projet de loi est présenté par le secrétaire d'État, Hugh Faulkner. Bill C-11 meurt au feuilleton de la première session du 30e Parlement.
Le 21 octobre 1976, le secrétaire d'État, John Roberts, inscrit à nouveau un projet de loi relatif à l'hymne national. Bill C-10 n'est pas présenté en deuxième lecture avant la fin de la deuxième session.
Le 28 octobre 1977, au début de la troisième session, M. Roberts présente à nouveau le texte de loi, Bill C-9, qui connaît le même sort que les trois premières versions.
Le député H. Herbert a présenté le Bill C-438 le 10 avril 1978 visant à faire adopter comme hymne national les versions proposées par le gouvernement dans C-9, en remplaçant toutefois «native land» par «cherished land» dans la version anglaise. Cette mesure a connu le même succès que les autres relatives à O Canada.
Le 18 juin 1980, le secrétaire d'État, Francis Fox, présente un projet de loi semblable aux mesures précédentes du gouvernement, pour remplir une promesse qu'il faisait à la Chambre quelques jours plus tôt à l'effet de faire désigner «O Canada» en tant qu'hymne national officiel le plus tôt possible au cours de l'année du centenaire de l'oeuvre. Le bill est adopté à l'unanimité de la Chambre des communes et du Sénat le 27 juin et reçoit la sanction royale le même jour.
Le 1er juillet 1980, le gouverneur général, Son Excellence le très honorable Edward Schreyer, proclame la loi sur l'hymne national faisant «O Canada» un des symboles officiels du pays au cours d'une cérémonie officielle publique tenue sur les pelouses du palais du Parlement à midi en présence de milliers de Canadiens. Des descendants de Weir et Routhier se trouvaient sur la tribune d'honneur, ainsi que le successeur de Robitaille, l'honorable Jean-Pierre Côté.