Les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste prennent une tournure très patriotique au Bas-Canada grâce, entre autres, aux actions de Ludger Duvernay, qui deviendra le premier président de la Société Saint-Jean-Baptiste.
C'est le 24 juin 1834 qu'est chanté pour la première fois le « Ô Canada! mon pays, mes amours » de George-Étienne Cartier lors d'un grand banquet patriotique regroupant une soixantaine de francophones et d'anglophones de Montréal dans les jardins de l'avocat John McDonnell, près de l'ancienne gare de Windsor. Le Canada de la chanson n'est bien sûr pas le Canada fédéral d'aujourd'hui, qui n'existe pas à cette époque.
Ce que les francophones nomment à l'époque le Canada correspond à la partie sud de l'actuel Québec. Plusieurs hommes politiques réformistes dont Edmund Bailey O'Callaghan, Louis Perrault, Thomas Storrow Brown, Édouard-Étienne Rodier, Louis-Hippolyte Lafontaine et le maire de Montréal Jacques Viger sont présents lors de ce banquet.
Suite à cette première célébration, le journal La Minerve conclut, que « Cette fête dont le but est de cimenter l'union des Canadiens ne sera pas sans fruit. Elle sera célébrée annuellement comme fête nationale et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats ». C'est à partir de cette date que la fête nationale des anciens Canadiens en vient à correspondre avec la fête catholique de Saint Jean-Baptiste, déjà bien ancrée dans la tradition.
Daguerréotype d'un groupe costumé pour le défilé de la Saint-Jean Baptiste, Montréal, 1855. De gauche à droite : le tailleur Alfred Chalifoux et quatre enfants en costume personnalisant saint Jean Baptiste, Jacques Cartier, un chef amérindien et un jeune Canadien portant les couleurs de la France (Bibliothèque et Archives Canada, PA-139333)Suite aux soulèvements des Patriotes de 1837 et 1838 et aux répressions militaires qui suivirent, la fête ne fut plus célébrée pendant plusieurs années.
Lorsqu'elle réapparaît, c'est sous la forme d'une célébration essentiellement religieuse, bien que les feux soient toujours présents. À Québec en 1842, elle donne lieu à une grande procession religieuse, inaugurant ainsi la tradition du défilé de la St-Jean-Baptiste, promis à une longue postérité. En 1843, Duvernay établit l'Association Saint-Jean-Baptiste, une société charitable et patriotique, en vue de la célébration de la fête de cette année-là à Montréal en 1843.
Le 24 juin 1880, les citoyens de la ville de Québec participant aux festivités de la St-Jean-Baptiste se font chanter un autre « Ô Canada », aujourd'hui fort célèbre. Il devient populaire très rapidement et on le désigne même "hymne national" des Canadiens-Français. Les paroles sont d'Adolphe-Basile Routhier et la musique de Calixa Lavallée.
En 1908, le Pape Pie X fait de Saint Jean-Baptiste le patron spécifique des Canadiens français. La procession de chars allégoriques est introduite en 1874. De 1914 à 1923, les défilés n'ont pas lieu.
En 1925, le Québec fait du 24 juin un jour férié.